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Préservation De L'eau

Table des matières

Introduction



La question de l'eau et de son utilisation est au cœur des préoccupations de notre époque.

Entre sécheresses et épisodes pluvieux intenses, on ne peut plus espérer laisser notre jardin bénéficier des cycles saisonniers que nos aïeux ont pu connaître.

Afin de mesurer concrétement les besoins en eau du jardin, il y a des outils indispensables comme le thermomètre, le pluviomètre, un cahier et un crayon pour un suivi journalier empirique.

Ainsi on sait que plus la température augmente, plus l'évaporation des plantes nécessite de l'eau ce qui conduit à une consommation plus importante. La nature du sol, sa couverture et la zone géographique sont aussi à prendre en compte.

En moyenne, les plantes ont besoin de 100 à 120 mm d’eau par mois, soit 100 à 120 litres par mètre carré. En période de forte chaleur, on atteint vite les 150 litres par mètre carré, alors que les restrictions sont d’usage et que l’on ne peut plus compter sur une averse providentielle.

Dès lors un calcul simple des besoins en eau peut être effectué en tenant compte des mètres carrés de jardin, des températures et de la pluviométrie constatée pour estimer l'arrosage à effectuer.

En version plus technologique, il y a des stations météos qui peuvent réaliser un suivi quotidien et l'intégrer dans un système d'analyse de données permettant d'automatiser l'arrosage.


Mare

L’eau, un trésor à préserver


Afin de compléter les quantités d’eau nécessaires à son jardin en période de manque, plusieurs stratégies sont cumulables :

  • disposer de réserves captées en période de forte pluviométrie,
  • limiter l’assèchement du sol au maximum grâce à des couverts végétaux et paillages,
  • recycler l’eau du réseau consommée au quotidien,
  • maîtriser son arrosage pour éviter le gaspillage tout en préservant ses plantations,
  • optimiser certaines tâches consommatrices d’eau.

Le captage et le stockage


Idéalement, l’eau va compléter différents cycles, je vous recommande à ce sujet la vidéo d’Hervé Covès : Les 7 cycles de l’eau. Du coup, même si l’on peut envisager différentes formes de captage et de stockage pour prévenir le manque d’eau, cela ne vaudra jamais la présence de forêts qui jouent un rôle essentiel dans le captage et la redistribution de la ressource.

Cependant, prévoir des réserves est devenu nécessaire pour faire face aux aléas et différents systèmes sont possibles. Généralement, une toiture représente une excellente zone de captage facilement récupérable dans des réservoirs via les gouttières.

Des mares ou des bassins peuvent aussi être aménagées à cet effet. Toutefois, si l’objectif est de maintenir une faune et flore aquatique il est souhaitable de ne pas s’en servir pour y puiser son eau d’arrosage.


Recycler les eaux grises


Infos

La consommation moyenne d’eau par habitant en France est de 145 litres par jour soit 53m3 par an et répartie de la manière suivante :

  • Hygiène (douches, bains) : environ 39 % de la consommation
  • Cuisine et vaisselle : 15 %
  • Toilettes : 25 %
  • Linge (lave-linge) : 10 %
  • Autres (nettoyage, arrosage, etc.) : 11 % source : gouv.fr


Les toilettes représentants 25% de la consommation d’eau, on peut directement économiser 36 litres d’eau (13 métres cubes à l’année) rien qu’en utilisant des toilettes sèches.

Afin de réutiliser partiellement les eaux grises de son domicile, on peut simplement rediriger les évacutions de l’évier de sa cuisine, des lavabos, du bain et les filtrer avant de les utiliser dans son jardin.

Dans le cas où la maison est équipée uniquement de toilettes sèches, il est tout à fait possible de récupérer l’ensemble des eaux d’évacuations et les rediriger vers des filtres et des bassins de phytoépurations.

Ici, c’est bien 100 % de l’eau consommée que nous cherchons à réutiliser.


Réflexions Préliminaires

Pour recycler les eaux grises au jardin, une réflexion doit être faite sur les produits d’entretien, cosmétiques et chimiques utilisés au sein du foyer pour les remplacer au maximum par des produits qui posent pas de risque pour l’environnement surtout si vous consommez votre production. À cet égard, on peut garder une évacution séparée pour les produits posant problème afin de les collecter et de les recycler de manière optimale. Selon l’Anses : Les eaux grises peuvent être utilisées pour l’arrosage à condition d’utiliser des produits biodégradables et de ne pas vaporiser l’eau.


Economiser de l’eau en arrosant ?


La question peut paraître absurde, cependant elle est loin d’être anodine.

Déjà rien qu’en tenant compte des plantes, arbres et arbustes que l’on implante ou que l’on sème tout au long de l’année en utilisant de l’eau continuellement, les laisser périr par manque d’eau n’est-ce pas gâcher toute l’eau investie au départ ? Surtout que l’on recommencera en cas d’échec.

L’économie sera réellement effective quand les besoins des plantes seront maitrisés mais pas que. En effet la vie des plantes est corrélée avec la vie du sol, et tout ce qui vit à besoin d’eau. Il est donc nécessaire de bien hydrater son jardin et de faire en sorte qu’il ne dessèche pas.

Il existe des outils qui permettent de mesurer l’humidité du sol et vérifier que ce critère essentiel à la vie des plantes autant que de leurs compagnons microscoptiques est bien respecté.

Pour aller plus loin, l’utilisation raisonné de capteurs permettant de mesurer l’humidité des différentes zones de son jardin, permet une fois intégré dans un système d’automatisation de réaliser des arrosages sans gaspiller inutilement de l’eau tout en s’assurant que les besoins du microbiote soit remplit.


Optimisation dans les usages


Voici quelques exemples de pratiques évitant la surconsommation de l’eau :

  • Semer et repiquer ses fleurs et ses légumes avant une averse.
  • Respecter la saisonnalité pour planter ses arbres et arbustes aux bonnes périodes pour une meilleur implantation et ainsi moins d’arrosage par la suite.
  • Utiliser en priorité l’eau des récupérateurs et des réserves tout en s’assurant que les arrivées de l’eau de pluie soient bien entretenues pour maintenir une qualité maximale.
  • Organiser des points de redistribution via des cuves ou des chenaux, en utilisant la gravité au maximum.
  • Idéalement, mettre en place un circuit de tuyau avec des robinets et utiliser ce réseau comme épine dorsale pour l’arrosage des parcelles.